L' Assemblée nationale adopte à nouveau la proposition de loi sur la fin de vie

lassemblee-nationale-adopte-a-nouveau-la-proposition-de-loi-sur-le-droit-a-laide-a-mourir

Le 30 juin, les députés ont voté en faveur de la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Le Sénat devra se prononcer avant une dernière lecture prévue le 15 juillet, à l'Assemblée pour son adoption finale.

L'Assemblée nationale a adopté, le 30 juin, la proposition de loi instaurant un droit à l'aide à mourir. Lors du scrutin, 295 députés ont voté en faveur de la proposition, 232 s'y sont opposés et 35 se sont abstenus. Il s'agit de la troisième adoption de ce texte par les députés depuis le mois de mai 2025. Cette année là, elle avait adopté avec 305 voix pour, 199  contre et 57 abstentions, traduisant ainsi une évolution du vote et un recul des voix favorables.

Le texte sera examiné par le Sénat les 7 et 8 juillet où il devrait être rejeté, comme il l’a déjà fait lors des deux précédents examens. L'Assemblée nationale se prononcera ensuite le 15 juillet prochain lors d'une une ultime lecture. Il devrait être définitvement adopté, sans possibilité d'être amendé.

La proposition de loi prévoit la création d'un droit à l'aide à mourir, encadré par plusieurs conditions. Pour pouvoir y avoir accès, la personne devrait être âgée d'au moins 18 ans, être atteinte d'une infection incurable engageant le pronostic vital, présenter des souffrances physiques et être en mesure d'exprimer une volonté libre et éclairée.

Dans un entretien accordé à InfoChrétienne, le Dr Christian Passot, membre du Collectif pour le respect de la médecine, a souligné le manque de clarté du projet de loi et craint qu'il ne soit élargi a davantagege de personnes, comme cela s'est produit dans d'autres pays.

"Les critères permettant de bénéficier de cette aide sont mal définis. En Belgique, au Luxembourg ou encore au Canada, après l'adoption de lois similaires, l'euthanasie s'est progressivement étendue et concerne désormais également les mineurs, les personnes handicapées ou atteintes de troubles psychiatriques. Lors d'un débat parlementaire, j'ai déjà entendu un député s'interroger sur la raison pour laquelle il faudrait limiter cette loi aux seules personnes majeures."

La veille du vote, la présidence de la Conférence des Evêques de France, avait appelé les députés à "mesurer la portée de leur décision" avant de se prononcer dans l'hémicycle. De son côté, le vice-président, Mgr Vincent Jody, a également dénoncé dans une vidéo, "un basculement anthropologie" estimant que cette évolution aurait "un effet sur les soignants" et toucherait "le plus fragile".

Face à cette proposition de loi, le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine souligne le risque que la société dise "à ses membres les plus fragiles qu'ils peuvent devenir un poids et qu'on peut les aider à disparaître".

"Derrière les mots rassurants, la réalité est simple : notre société s’apprête à dire à ses membres les plus fragiles qu’ils peuvent devenir un poids et qu’on peut les aider à disparaître. Dans tous les pays où cette loi a été adoptée, les dérives sont documentées : extension progressive des critères, pression sur les plus vulnérables, effondrement des soins palliatifs. Il est encore temps d’empêcher que la France suive la même voie."

Le débat sur le droit à l'aide à mourir reste ainsi marqué par des positions profondément divergentes. L’association Hozana a organisé une campagne de prière pour les députés français, dans laquelle 42 867 chrétiens se sont engagés à prier pour un parlementaire afin qu’il se prononce contre ce projet de loi.

Elormise Pierre

Crédit Image : Shutterstcok / Victor Velter

Dans la Rubrique Société >



Les nouvelles récentes >